C’est en 1923 que se produisit ce que l’on pourrait appeler l’événement clé suivant. Âgé de douze ans, Ron Hubbard entreprit une étude des théories freudiennes avec le commandant Joseph C. Thompson, le premier officier de la Marine américaine à avoir travaillé directement avec Freud à Vienne. Bien que Ron Hubbard n’ait jamais accepté la psychanalyse en tant que telle, cette expérience fut néanmoins décisive. En effet, comme il l’écrivit plus tard : "Freud avait au moins avancé l’idée qu’il était possible d’apporter une amélioration au mental."
La troisième étape cruciale de ce périple prit place en Asie où M. Hubbard se livra à presque deux ans d’études et de voyages. Il y devint un des rares Américains à être admis dans les fameuses lamaseries tibétaines dans les collines occidentales de la Chine, et il étudia même avec le dernier d’une lignée de magiciens chinois ayant appartenu à la cour de Koubilaï Khan. Pourtant, bien que ces aventures puissent paraître des plus captivantes, il admettra finalement n’avoir rien trouvé qui soit applicable ou systématiquement prévisible en ce qui concerne l’esprit et le mental humain.
À son retour aux États-Unis en 1929, M. Hubbard s’inscrivit à l’université George Washington où il étudia l’ingénierie, les mathématiques et la physique nucléaire, connaissances qui se révéleraient fort utiles dans ses recherches philosophiques ultérieures. D’ailleurs, Ron Hubbard fut le premier à appliquer la rigueur des méthodes scientifiques de l’Ouest à des études dans le domaine spirituel. Néanmoins, l’université n’offrait rien de plus qu’une méthodologie de base. En effet, comme il le déclara par la suite : "Il était parfaitement évident que cette civilisation dans laquelle je vivais en savait moins sur le sujet de l’esprit que la plus primitive des tribus qu’il m’ait été donné de rencontrer. Sachant aussi que, contrairement à ce que j’avais pu espérer, les peuples de l’Orient n’étaient pas capables de sonder les mystères de l’esprit suffisamment profondément et de manière prévisible, je savais que j’allais devoir faire beaucoup de recherches."
Ces recherches occupèrent essentiellement les vingt années qui suivirent. Elles l’amenèrent à côtoyer pas moins de vingt et une races et cultures dont les tribus indiennes du Pacifique nord-ouest, les Tagalogs des Philippines et, comme il disait par plaisanterie, "les gens du Bronx". En termes très simples, on peut dire que ses travaux de l’époque portaient avant tout sur deux questions fondamentales : d’abord, poursuivant le fil des expériences qu’il avait conduites à l’université, il cherchait à découvrir cette force vitale qui depuis si longtemps faisait l’objet de spéculations à savoir, la source de la conscience humaine. Ensuite (et les deux questions sont inextricablement liées) il désirait établir le dénominateur commun à toute vie ; car ce serait seulement après avoir établi celui-ci, pensait-il, qu’on pourrait déterminer ce qui était à la fois vrai et applicable en ce qui concerne la condition humaine.
En 1938, le premier plateau de cette quête se concrétisa avec un manuscrit inédit intitulé "Excalibur". En essence, cet ouvrage avançait que la vie était beaucoup plus qu’une série d’expériences chimiques aléatoires, et qu’une impulsion définissable sous-tendait tout comportement humain. Cette impulsion, déclara Ron Hubbard, est l’impulsion à survivre, et c’est la force ayant la plus vaste influence parmi tous les hommes. Que l’homme survive n’était pas une idée nouvelle. Mais que ce soit là le seul dénominateur commun et fondamental de toute l’existence en était certainement une, et Ron Hubbard avait ainsi posé les jalons de toutes les recherches à venir.
Si la Seconde Guerre mondiale a interrompu celles-ci, M. Hubbard servit en effet comme commandant de patrouilleurs anti-sous-marins sur les océans Atlantique et Pacifique, elle leur donna aussi un nouvel élan. En effet si quelque chose avait jamais souligné à quel point l’humanité avait besoin d’une philosophie pratique pour s’améliorer, c’était bien les atrocités de ce conflit. Comme il l’a exprimé fort succinctement, "l’Homme a une folie et cette folie s’appelle la guerre". M. Hubbard fut également un des premiers à manifester son inquiétude quant au nucléaire et ce que l’avènement des armes atomiques impliquerait s’il n’était pas accompagné d’une compréhension du comportement humain.
Les travaux effectués jusque-là culminèrent en 1945 à l’hôpital naval d’Oak Knoll à Oakland en Californie. Presque aveugle, ses nerfs optiques ayant été endommagés. Lorsqu'il s’est joint aux cinq mille patients de la Marine et du corps de Marines sous traitement à Oak Knoll, M. Hubbard boitait fortement à la suite de blessures au dos et à la hanche. Parmi ceux-ci se trouvaient également des centaines d’anciens prisonniers libérés des camps japonais. En dépit de soins intensifs et pour une raison inexpliquée, ces anciens prisonniers ne se remettaient pas. Intrigué, M. Hubbard décida de leur administrer une forme primitive de la Dianétique. Il s’occupa de près de quinze patients en tout et fit usage de ses techniques pour les débarrasser de ce qu’il avait postulé être l’inhibition mentale à la guérison. Ce qu’il finit par découvrir, et ce qui en fait sauva la vie de ces patients, reposait sur un principe philosophique clé : en dépit des théories scientifiques en vigueur à l’époque, l’état d’esprit de la personne prenait le pas sur sa condition physique. C’est-à-dire qu’en dernière analyse, ce sont nos points de vue, attitudes et états émotionnelles qui déterminent notre bien-être physique et non l’inverse. Ou comme M. Hubbard l’a lui-même énoncé d’une manière très succincte : "La fonction détermine la structure."
Cette question étant résolue et la paix restaurée, il entreprit une vérification plus poussée de l’applicabilité de ses découvertes et se livra à des recherches intensives avec des individus de toutes couches sociales. Parmi eux, des acteurs d’un atelier de théâtre de Hollywood, des cadres de studios avoisinants, des blessés d’un hôpital de Pasadena, et des psychopathes d’un établissement pour malades mentaux de Géorgie. En tout, M. Hubbard a travaillé personnellement avec quatre cents hommes, femmes et enfants avant de procéder à la compilation des résultats de ses seize ans de recherches. Le produit de cette compilation s’intitula La Dianétique : la thèse originelle. En fait, il ne fut pas donné pour publication à l’époque. Il s’agissait d’un manuscrit destiné à être transmis à des amis pour qu’ils le revoient. Il finit par être ronéotypé et mis en circulation à des centaines d’exemplaires et souleva un tel enthousiasme que M. Hubbard se vit encouragé à publier un exposé plus approfondi. C’est ainsi qu’un article appelé Terra Incognita : le mental parut dans le numéro de l’hiver-printemps 1949-1950 de l’Explorers Club Journal. Peu après, M. Hubbard reçut littéralement une avalanche de lettres demandant des informations supplémentaires et il décida donc de publier un manuel en bonne et due forme : La Dianétique : la puissance de la pensée sur le corps.
Sans l’ombre d’un doute, la publication de La Dianétique constituait un événement historique. Le chroniqueur national Walter Winchell écrivit à l’époque, avec beaucoup de clairvoyance : "Quelque chose de nouveau, appelé la Dianétique, va arriver en avril. C’est une nouvelle science qui marche d’une façon aussi invariable que les lois de la science physique, mais dans le domaine du mental. Selon toute apparence, elle s’avérera aussi révolutionnaire pour l’humanité que la découverte et l’utilisation du feu par l’homme des cavernes."
"L’impact de La Dianétique est tel que le monde ne sera plus jamais le même. L’histoire est devenue une course entre la Dianétique et la catastrophe. La Dianétique l’emportera si l’on parvient à ce qu’assez de gens relèvent le défi à temps et soient assez avisés pour la comprendre." Frederick L. Shuman - Professeur à l’université Williams.
Si l’affirmation de Winchell était hardie, elle n’en était pas moins juste ; en effet la Dianétique apporta la première explication complète de la pensée et du comportement humain. En outre, elle apporta aussi la première solution aux problèmes du mental humain, tels que les sensations et émotions importunes, les comportements irraisonnés et les maladies psychosomatiques.
Il suffit, pour vérifier les dires de la Dianétique en ce qui concerne les engrammes et le mental réactif, de regarder ce que les techniques de Dianétique permettent d’accomplir. Les cas sont légion, ils sont documentés et étonnants : un maniaque meurtrier est revenu à la normale en quelques douzaines d’heures ; un soudeur arthritique et paralysé a retrouvé toute sa mobilité en un nombre d’heures similaire ; un professeur déclaré officiellement aveugle a retrouvé la vision en moins d’une semaine ; et une maîtresse de maison atteinte de paralysie hystérique a recouvré une santé parfaite en l’espace d’une seule séance de trois heures. Il y avait aussi le but ultime de l’audition de Dianétique : l’état de Clair, qui résulte de l’effacement complet du mental réactif de l’individu. Délivrée de son mental réactif, la personne se découvre des qualités et des aptitudes bien supérieures à tout ce qui avait été envisagé jusque-là.
Il va sans dire que lorsque la nouvelle des découvertes de M. Hubbard commença à se répandre, la réaction fut considérable : plus de trente mille exemplaires de La Dianétique se sont vendus à peine sortis des presses et les libraires avaient tout le mal du monde à les garder sur leurs rayons. Étant donné que la Dianétique offrait des techniques que n’importe qui pouvait appliquer, les preuves de son applicabilité se multiplièrent et la réaction se fit encore plus spectaculaire. "La Dianétique envahit les États-Unis", pouvait-on lire sur les gros titres des journaux de l’été 1950, "C’est le mouvement qui connaît la plus forte croissance de tous les États-Unis." À la fin de l’année, quelque 750 groupes de Dianétique s’étaient spontanément formés d’un bout à l’autre du pays, et six villes disposaient de Fondations de Dianétique pour faciliter les découvertes de M. Hubbard dans le sujet.
Ces progrès étaient continuels, méthodiques et certainement tout aussi révélateurs que ce qui les avait précédés. Vers la fin de 1950 et pendant la première partie de 1951, M. Hubbard se trouva aux prises avec un autre facteur philosophique essentiel : admettant que la Dianétique constitue l’explication définitive du mental humain, qui était l’utilisateur de ce mental ? Ou plus exactement, qu’est-ce qui constituait la vie elle-même ? Il expliqua, lors d’un exposé décisif sur ce sujet : "Plus j’avançais dans mes recherches et plus je comprenais que cette créature appelée Homo sapiens à laquelle j’étais confronté comportait beaucoup trop d’inconnues."
Les recherches qui suivirent, commencées quelque vingt ans plus tôt, se révélèrent absolument capitales. Dans un autre texte également clé, M. Hubbard écrivit : "J’ai entrepris d’investiguer les fondements de la vie, de l’univers physique et du comportement humain." Et si beaucoup avant lui avaient "erré sur cette piste sans carte" ajouta-t-il, ils n’avaient laissé aucun signe. Néanmoins au début du printemps 1952, au cours d’une conférence décisive qu’il donna à Phoenix, en Arizona, il annonça le résultat de cette recherche : la Scientologie.
Aujourd’hui, les philosophies de la Dianétique et de la Scientologie de M. Hubbard sont étudiées et mises en pratique dans plus de 2 000 églises et organisations dans le monde entier.
Aujourd’hui, ce que M. Hubbard a apporté à l'humanité est contenu dans les 40 millions de mots qui se trouvent dans les conférences enregistrées, les livres et autres écrits constituant l’ensemble de la Dianétique et de la Scientologie. Cet ouvrage n’a fait qu’esquisser ces sujets, mais M. Hubbard a veillé à ce qu’ils soient disponibles pour tous ceux qui voudraient y accéder. Bien que cette route de la liberté exige un certain engagement, M. Hubbard n’a jamais attendu de quiconque qu’il la suive aveuglément ou sans l’examiner ; mais plutôt, comme il l’a expliqué : "Ceci est la voie pour savoir comment savoir. Parcourez-la et voyez !"